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L'uvre de Bachelard est double. Il est à la fois un important épistémologue (c'est à dire qu'il réfléchit sur les sciences) et le penseur de l'imaginaire et de la symbolique poétique. |
Sommaire
Les sources de sa pensée.
La vie de Bachelard
Apport conceptuel.
Principales uvres.
Les sources de sa pensée.
Pour la partie épistémologique de son uvre, il réfléchit sur la science contemporaine (celle de la première moitié du XXème S.).
Sa réflexion sur l'imaginaire se nourrit de la lecture des poètes et des écrivains d'Hésiode à Henri Michaux.
Enfin, il s'inspire de Carl Gustav Jung et de sa notion d'inconscient collectif
La vie de Bachelard
Gaston Bachelard naît le 27 juin 1884, en Champagne, à Bar-sur-Aube. Il passe son enfance dans la province la plus rustique où l'homme n'a pas perdu le contact avec les éléments premiers.
Nanti de son baccalauréat, il entre dans l'administration des Postes (1903-1913). En disponibilité pour raison d'études dès 1913, il prépare le concours d'élèves ingénieur des Télégraphes et achève parallèlement sa licence de mathématiques.
La guerre de 1914-1918 brise son destin. En 1919, il renonce à son ambition d'ingénieur et entre dans l'enseignement secondaire. Il est professeur de sciences au collège de Bar-sur-Aube de 1919 à 1930.
A 35 ans, il engage de nouvelles études. Agrégé de philosophie en 1922, il obtient de demeurer à Bar-sur-Aube, à la fois professeur de sciences et de philosophie.
En 1928 paraissent les deux thèses, soutenues en 1927, Essai sur la connaissance approchée et Etude sur l'évolution d'un problème de physique, la propagation thermique dans les solides.
La Faculté des Lettres de Dijon l'appelle en 1930, puis la Sorbonne en 1940 (où il restera jusqu'en 1954).
Il publie en 1934 Le Nouvel Esprit scientifique, en 1938 La formation de l'Esprit scientifique, en 1940 La Philosophie du non, en 1942 L'eau et les rêves, La terre et les rêveries du repos en 1946, La terre et les rêveries de la volonté en 1948.
Il entre à l'Académie des sciences morales et politiques en 1955 et obtient le Grand Prix National des Lettres en 1961, année où il publie La flamme d'une chandelle.
Il meurt à Paris le 16 octobre 1962.
Apport conceptuel.
1) La philosophie des sciences.
L'histoire des sciences est une histoire discontinue. Il faut psychanalyser l'esprit scientifique. Cette psychanalyse qui n'est pas, bien sûr, la psychanalyse freudienne, consiste à mettre en évidence les processus inconscients qui bloquent la connaissance. Les obstacles épistémologiques sont des représentations qui paraissent évidentes et qui, à certains moments, ont pu même être utiles mais qui finissent par bloquer la connaissance. Il faut alors qu'on réussisse à " sauter l'obstacle " et opérer ce que Bachelard nomme une rupture épistémologique. Il faut bien voir que ces obstacles sont intérieurs à la pensée scientifique elle-même. Le savoir peut bloquer le savoir puisque la connaissance " est une lumière qui projette toujours ses propres ombres ".
Parmi les obstacles épistémologiques, on citera les connaissances premières qui se révèlent, après coup, des erreurs premières. Ce qui est premier n'est en effet pas la vérité mais l'erreur et le processus scientifique est un processus de " rectification indéfinie ". L'expérience première est le premier des obstacles. Il y a un divorce entre le fait perçu et l'objet scientifique. Ce dernier n'est jamais donné mais est toujours conçu. Il ne suffit jamais de constater les faits mais avoir une considération raisonnée. Du reste le fait brut n'existe pas. Tout fait est interprété mais encore faut-il qu'il le soit rationnellement. Rien n'est donné, tout est construit. L'évidence première est source d'erreurs.
Un autre obstacle est la connaissance générale. " Une connaissance générale est presque toujours une connaissance vague ". Dire, par exemple, " les corps tombent ", c'est croire avoir tout dit et c'est arrêter la pensée. Pourquoi, puisqu'on croit avoir tout dit, étudier la chute des corps de plus près ? La pensée est alors immobilisée.
L'obstacle substantialiste rattache tout à une substance fondamentale en oubliant l'importance des relations. Par exemple, on fit de l'électricité une substance jusqu'à lui trouver même un goût.
La connaissance scientifique est une connaissance approchée. La précision scientifique est une donnée récente et l'on peut opérer des découvertes au moyen d'approximations qui peuvent nous sembler aujourd'hui affolantes. Bachelard a montré à la fois l'importance de la recherche de la précision car " une science a l'âge de ses instruments de mesure " mais aussi combien il est inutile de donner des précisions non mesurables par les instruments de mesure eux-mêmes. Il est inévitable qu'il reste toujours une marge d'imprécision en physique. La science s'en accommode fort bien et calcule sa marge d'erreur. Bachelard défend l'approximation et révèle le contresens qu'il y a à croire qu'on emprisonnera la réalité dans les mailles de décimales de plus en plus précises. L'exactitude est un mythe.2) L'imaginaire.
Bachelard réhabilite l'imagination dont il souligne l'aspect créateur. En ce sens elle est une puissance majeure de la nature humaine. On peut la définir comme la faculté de produire des images à condition de bien différencier l'image du souvenir. Si la mémoire nous ramène au présent, l'image nous tourne vers l'avenir.
Notre psychisme a deux fonctions :
- La fonction du réel qui renvoie au passé.
- La fonction de l'irréel qui est positive et utile car comment prévoir et inventer sans imaginer ?
L'imagination est la faculté de déformer les images. Il y a imagination lorsqu'une image occasionnelle détermine une prodigalité d'images aberrantes. Elle est ouverte et évasive. Elle est l'expérience de la nouveauté. Si une image créée par l'imagination devient fixe et prend une forme définitive et familière, habituelle, elle cesse d'être imaginaire. Elle ne nous fait plus rêver ou parler mais nous fait agir. L'imagination, elle, ne s'emprisonne dans aucune image.
Les principales uvres.
- Le nouvel esprit scientifique (1934)
- La formation de l'esprit scientifique (1938)
- La psychanalyse du feu (1938)
- La philosophie du non (1940)
- L'eau et les rêves (1942)
- La terre et les rêveries du repos (1946)
- La terre et les rêveries de la volonté (1948)
- L'activité rationaliste de la physique contemporaine (1951)
- La Poétique de l'espace (1957)
- La flamme d'une chandelle (1961)
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